Il me ressemble, ce petit oiseau, il ne demande qu’à s’envoler, mais c’est moi, il me reconnaît, il ne bouge pas, il ne papillonne pas, trop léger, trop fragile aussi … et je songe à une
légende qui me serre le cœur, je sais bien qu’il suffit d’un rien, j’aime en déployé, alors fini le déni, autres temps, autres défis, de moins violents, j’ai été ma pire ennemie après les
monstres, je suis hors du temps, j’essaierai de ne plus être hors-la-vie, ce n’est pas une vie, c’est un gâchis indéfini, on me l’a assez dit, mais s’il est un accord majeur à conclure avec
soi-même, moi je ne connais que le mode mineur, l’entre-deux, l’espace, l’interstice où je me glisse, sans courage et sans douceur, alors adieu souffrance, chagrin, douleur … J’ai si peur d’avoir
peur, de me dire, me raconter, extirper de mon être des profondeurs les racines de ce mal qui ne me tuera pas, car je ne le veux pas, alors là-bas, peut-être, un jour j’irai, autrement, même si
l’usure, la démesure, la mesure, quand même . Les pointillés transformés en points de croix, l’horizon réparé … tant de vies à vivre, si loin … à distance … abolition, tolérance, indulgence, pour
soi qu’est-il de plus difficile ? Tant de choses, de ponts à reconstruire, à accepter, de mains à recevoir, s’il en est quelque part … C’est à voir, cet avoir de vie, côté pile, dans les
plus et stop aux moins, aux manques à ne pas gagner . Aujourd’hui, oui, j’ai essayé de voler . Si peu … Mais si je le peux … c’est à venir, qui sait … Je crains le froid, le feu, la flamme, le
vide plus que tout, battement de cils ou d’ailes … mon cri du papillon n’a pas été entendu, alors je ne sais plus …