Dimanche 6 juillet 2008


Je ne crois pas avoir jamais fait souffrir quiconque, j’ai toujours été hyper-vigilante, hyper-consciente … jusqu’à l’excès et maintenant que je trouve de l’écoute, je ne trouve que la force des sanglots retenus toute une vie pour une phrase « Garde tes larmes pour quand tu en auras besoin » . J’en ai toujours eu besoin . Mais je les ai contenues, tout comme mes émotions . C’est tout cela qui m’a rongée de l’intérieur, qui m’a coupé le souffle, qui m’a coupé du monde, et pourtant j’ai aimé les autres infiniment, autant qu’il est possible . Mon cœur était débordant d’amour, de compassion . Personne ne m’avait enseigné tout cela . C’était inné chez moi . La frustration, le manque affectif, la tendresse en tant que spectatrice, le manque, l’absence, l’inattention, la transparence, le silence, tout ce qu’il est de plus destructeur en ce monde, l’inhumanité que je ne voulais pas voir chez les autres … j’ai changé tout cela en amour . Mais je n’ai rien pu exprimer . Je ne pouvais que me détruire . Je n’ai pas eu le choix . Aucun amour n’est venu . Le vilain petit canard a été chassé à coups de fusil . Il avait l’air si fort alors qu’il était si fragile … Il est redevenu tout petit en perdant ses plumes, blessé à mort . Mais personne ne l’a vu comme le moineau mouillé sous la pluie qui se laisse mourir parce qu’il ne peut se défendre ni trouver un refuge . Je reconnais tout ce que j’ai refusé de m’avouer à moi-même, par décence . Parce qu’il est trop tard . Parce que je risque de mourir . Le fil du rasoir est entré dans ma chair, dans celle de mon cœur, il saigne encore mais plus pour longtemps .

Seule je suis à l’abandon . Je déserte cette vie trop dure . L’humanité existe . Je veux y croire . Mais pour moi il n’y a aucun désespoir dans cet océan de détresse, de désarroi si profond qu’aucun mot ne saurait le décrire et personne ne pourra jamais l’imaginer, car tout cela est presque inconcevable . Invivable … si longtemps . Tout ce temps d’abandon sans cesser de lutter … sans secours … Que des miettes … comme pour les moineaux, de temps en temps . Mais les ailes brisées vont le faire mourir et on le trouvera trop tard . Car il a toujours été trop tard . Ce n’est pas une vie . Et pourtant c’est la mienne . Je n’ai pas reçu le minimum vital .

par Oksana communauté : Parlons d'amour
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