Je suis en train, enfin, de créer ma planète, ce n’est plus une bulle, une simple sphère, c’est une Etoile à la (dé)mesure de mon désert intérieur, de la souffrance si longtemps verrouillée, cadenassée, qui m’a arraché les mots, et si plus rien ne coule plus de source, s’il n’est de souvenir que des bribes aux douloureux échos, je vais apprendre l’imaginaire qui trouvera son scénario de vie, son histoire, et sa mémoire . Dans mon cœur il y a un grand vide, rien à voir avec celui que j’ai bien trop décrit, je ne connaissais rien du véritable sens de l’absence, de la violence ardente de ce manque permanent qui dit à chaque instant que rien ne sera jamais plus comme avant . Alors les notes volent et lèvent le voile, musique, retour aux sources vives, si brûlantes soient-elles, et je bannis le subjonctif qui m’a volé ma vie, ne me laissant somme toute que ma survie .